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Tahoun argues that Christian Lebanese politicians have lost historic & strategic opportunities PDF Print E-mail
Written by par Jean TAHOUN   
Monday, 10 January 2011

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In this piece Guest writer Jean Tahoun argues that Christian Lebanese politicians have lost historic and strategic opportunities since 1943 to establish their own homeland even though with strong links to their environment. Instead, argues Tahoun they made tremendous mistakes, betrayed the aspirations of their own people, including lately the Cedars Revolution, by moving under either Khomeinist or Wahabi umbrellas. Mr Tahoun is based in Beirut. In light of how the South Sudanese have reached their goals, this articles opens a heavy debate

Soudan – Liban, une nuance d’amertume

par Jean TAHOUN

Le référendum au Sud Soudan est une grande victoire. Une victoire, certainement, pour les populations concernées mais également une victoire pour le droit et la liberté. Une victoire pour le droit des peuples à l’autodétermination, un magnifique espoir pour toutes les nations opprimées par l’occupation et un signal fort à toutes les idéologies « unionistes » et tous les régimes colonisateurs.

Quelque soient le déroulement et le résultat de cette consultation, le fait même qu’elle ait lieu, imposée par la communauté internationale, est en soi une victoire pour la liberté. Car, comme pour le Timor Oriental il y a quelques années, l’existence d’un « peuple » distinct du reste du pays est formellement reconnue ainsi que la légitimité de son aspiration à disposer de lui-même. Le principe est acquis, c’est le plus important et c’est toujours le plus difficile. Et, comme s’acharnent certains à le clamer, réduire cet événement au résultat d’un complot américano-sioniste pour diviser et affaiblir le monde arabe ou à une manipulation des Occidentaux pour mettre la pression sur le président Bachir est faux au regard des événements, malhonnête au regard de la réalité historique et insultant pour un peuple qui lutte depuis des décennies et qui a consenti tant de sacrifices. C’est surtout méconnaître le cheminement d’un long combat et l’action, ces dernières années, des amis de ce peuple dans le monde auprès de certains Etats et de l’ONU.

La portée symbolique de ce référendum est immense, les régimes arabes ne s’y sont pas trompés : c’est le premier « recul » de l’empire islamique depuis les défaites des Ottomans en Europe ; c’est la première fois qu’un groupe est reconnu comme entité nationale « différente » dans le monde arabo-musulman ; cela sans parler, évidemment, de la possibilité ouverte sur la « partition » du Soudan, ce qui créerait un précédent, cauchemar de tous les régimes arabes.

Il est à noter, dans le même cadre, le cas des Kurdes en Irak, un autre peuple qui lutte depuis des lustres pour son indépendance et qui n’a pas eu la tâche facile, coincé entre plusieurs Etats fort puissants qui cherchaient à l’anéantir ou à l’assujettir. Mais les Kurdes, riches de leurs gisements pétroliers, ont bénéficié de l’invasion américaine, sont musulmans, n’envisagent pas la séparation formelle et ont de tout temps été reconnus comme constituant un « peuple » non arabe, même à l’ère du Baas. Leur combat n’en demeure pas moins méritant et l’autonomie dont ils bénéficient aujourd’hui un beau succès, résultat d’une lutte acharnée et grâce à des dirigeants courageux, habiles, ayant une vision claire des réalités géopolitiques et fidèles aux aspirations de leur peuple. Bref, tout ce qui manque aux dirigeants des Chrétiens du Liban.

Maintenant qu’il est enfin de bon ton de s’inquiéter pour les Chrétiens d’Orient, il serait judicieux de demander des comptes aux Chrétiens du Liban. Oui, parfaitement, des comptes car les Chrétiens du Liban ont renié leur mission, failli à leurs responsabilités. Ils étaient le symbole de la liberté dans le monde arabo-musulman, son dépositaire, les gardiens de la Flamme, chargés de la protéger et de la perpétuer. Ils étaient le modèle, l’idéal, l’exemple, le refuge. Ils étaient l’Espoir. Ils ne sont plus. Maintenant c’est à eux qu’on cherche à redonner de l’espoir, et c’est eux qui se cherchent un refuge. Merci à leurs dirigeants et à leurs élites.

A la faveur d’événements qui les dépassaient totalement et sur lesquels ils n’avaient aucune prise – les deux guerres mondiales – les Chrétiens du Liban ont eu la chance de se voir attribuer un « Etat » doté de souveraineté et d’une pleine indépendance et de pouvoir jouir, pour la première fois depuis sept siècles, d’une réelle liberté. Il ne fallait pas être prophète pour voir que cette construction étatique bancale devait leur servir de tremplin pour consolider leur position et « sanctuariser » leur présence libre dans une formule plus adaptée aux défis de la région. Au lieu de cela, les dirigeants successifs des Chrétiens du Liban, dès le 23 novembre 1943, semblent s’être acharnés, systématiquement, méthodiquement, à trahir les aspirations de leur peuple, à l’affaiblir, le démobiliser, et, le plus grave, le pervertir dans sa conscience identitaire. Ils ont fait le plein de trahisons, de mauvaises décisions, d’analyses erronées, de fautes stratégiques, de péchés historiques. Alors que les Chrétiens du Liban avaient tous les ingrédients pour pouvoir s’ériger en nation libre, ou à tout le moins se faire reconnaître comme telle – prospérité économique, haut niveau d’éducation, rayonnement culturel, territoire libre, énorme diaspora active et influente, peuple combatif attaché à sa foi et à sa liberté, légitimité historique, unité ethnique, linguistique et religieuse, contexte géopolitique, opportunités multiples – et qu’ils auraient dû donner l’exemple, voilà que le Sud Soudan, multitudes d’ethnies, de langues, de religions, parmi les régions les plus pauvres du monde, où l’analphabétisme est quasi général, qui souffre de famine endémique, sans relais substantiels dans le monde, enclavé au cœur d’un continent sans même une issue sur la mer, voilà le Sud Soudan qui leur donne une leçon.

On aurait pensé qu’après les gaffes monumentales alignées entre 1943 et 1975 et après le péché mortel de 1990, le retrait des troupes syriennes en 2005 donnerait l’occasion aux dirigeants des Chrétiens du Liban de se renouveler et de se racheter. Amère désillusion : planqués dans un suivisme, khomeyniste ou wahabiste, servis par une partie de la bourgeoisie et de l’élite intellectuelle à leur image, les dirigeants des Chrétiens du Liban sont, plus que jamais, dans leur très grande majorité, débiles et / ou vendus. Oui, débiles, vendus, n’ayons pas peur des mots. N’ayons plus honte des mots.

7 janvier 2011



 
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